Voici l'un des grands oubliés des années 80 et sans aucun doute l'un des groupes les plus incompris de ces 30 dernières années.
Issue de la vague punk de la fin des années 70, à l'époque où ils portaient le nom de Johnny And The Self Abusers, les Simple Minds, alors composés de Jim Kerr au chant, Charlie Burchill à la guitare, Derek Forbes à la basse, Michael McNeil aux claviers et Brian McGee à la batterie, vont très vite bifurqués dans un registre musical prenant tout droit ses influences chez Roxy Music et Kraftwerk.
En 1979, après le très rock et moyen Life In A Day, la bande des écossais (les Simple Minds sont originaires de Glasgow) s'engage dès leur second album, Real To Real Cacophony, dans des expérimentations synthétiques et électroniques. Considéré comme l'un des meilleurs albums du groupe, Empires And Dance en 1980 poursuivra ces expérimentations mais de manière bien mieux maîtrisée. Le doublet Sons And Fascination et Sister Feelings Call en 1981, apportera une certaine forme de maturité qui trouvera son apogée dans le très new-wave New Gold Dream un an plus tard.
Sparkl In The Rain en 1984 offrira au groupe une retour aux sources du rock puissant et brutal proche du punk, où la rythmique de Mel Gaynor, second et meilleur batteur des Simple Minds, fera la démonstration de toute son énergie et sa technique.
Mais voilà, en 1985 les Simple Minds obtiennent un hit monumentale dans les charts du monde entier : Don't you forget about me ! Comble de l'ironie, cette chanson n'est même signés par eux et n'apparaîtra sur aucun de leurs albums. C'est le producteur Keith Forsey qui persuadera le groupe d'enregistrer ce titre, dont il est l'auteur, pour la bande originale du film Breakfast Club. Dès lors, plus rien ne sera pareil pour les écossais.
En 1986, ils sortent l'album Once Upon A Time et une rupture quasi totale avec leurs précédentes oeuvres va s'oppérer. Premièrement, Derek Forbes vient de quitter la formation et s'est retrouvé remplacé par le très professionnel John Giblin. Deuxièmement, le style abordé dans cet album oscille entre world indienne et pop anglaise ; Exit donc les expérimentations électroniques du passé !
Mais le pire est à venir car les Simple Minds arrivent à produire pas moins de 4 hits avec cet album : Alive and Kicking, Sanctify Yourself, Ghostdancing et All the Things She Said.
Le groupe, non content d'avoir produit l'album réputé le plus commercial de leur carrière, s'engage dans une énorme tournée mondiale qui débouchera sur la sortie de leur seul et unique album live officiellement sortie à ce jour : Live in the City of Light. Mais, là où on pourrait croire que le groupe s'est défénitivement pervertie au star-system, ce live remet les pendules à l'heure et prouve une nouvelle fois que c'est sur scène que la musique des écossais prend sa véritable ampleur (à ce titre, les versions totalement réorchestrées des titres New Gold Dream, Book of Brilliant Things et East at Easter sont des merveilles).
En 1989, les Simple Minds participent au concert pour la libération de Nelson Mandela et y interprètent un nouveau titre écrit spécialement pour l'occasion : Mandela Day !
Il apparaît sur Street Fighting Years, qui sortira la même année et qui reste l'album le plus marqué par les origines celtes du groupe de Glasgow. C'est l'époque où Simple Minds tournent dans les stades et offre des concerts gigantesques. L'époque où le groupe perd pied avec la réalité et se heurte de plein fouet au star-system. L'époque où Kerr et Burchill voit leur groupe se disloquer, suite aux départs successifs de Michael McNeil et John Giblin. L'époque des hits radios et du fric à gogo. Mais étrangement, c'est aussi l'époque où le groupe produit ses deux albums les plus raffinés, complexes et mélodiquement somptueux : Street Fighting Years en 1989 et Real Life en 1991.
Et Simple Minds va alors être le créateur des deux chansons qui vont le hanter pour le reste de son existence : Mandela Day et Belfast Child !
Mandela Day, c'est le rythme aérien de la guitare de Burchill sur les nappes de piano envoûtantes de McNeil. C'est la voix magique de Kerr sur une rythmique aussi légère que discrète de Mel Gaynor. Mandela Day, c'est une chanson éternelle sur l'Afrique du Sud, un cri contre l'apartheid et un message d'espoir contre tous les opprimés de ce monde !